samedi 2 avril 2022

Corps étrangers réticulites et aimants

Une étude franco-canadienne réalisée par l’ANSES (AGENCE NATIONALE DE SÉCURITÉ SANITAIRE) en octobre 2021 a cherché à évaluer l’impact dans nos troupeaux des corps étrangers ( CE)

 

Résumé de l'étude  :

A la différence des ovins et des caprins, les bovins ne trient pas leur nourriture. 

• Les corps étrangers (CE) arrivant dans le réseau et le rumen sont responsables après migration d’une réticulo-péritonite traumatique (RPT) se traduisant cliniquement par une légère fièvre, un syndrome d’indigestion et de la douleur. Le diagnostic de certitude est difficile. 

Douleur, état fébrile et indigestion doivent la faire suspecter.



• Cette pathologie concerne surtout les animaux adultes (> 2 ans).

• Les pratiques agricoles (alimentation en vert ou foin) peuvent favoriser la présence de CE qui peuvent être métalliques (magnétiques ou non) ou synthétiques. Ils vont perforer les réservoirs gastriques suite à des pressions plus fortes sur l’abdomen (gestation, mise-bas, transport). La majorité des CE sont ferro-magnétiques.

• Le traitement est surtout médical (parfois chirurgical) à base d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires et d’un aimant pour limiter la migration du CE. Ces traitements sont souvent décevants.

• Armature de pneus ou fils de clôture viennent en tête des CE, les cannettes souvent décriées ne semblent pas être fréquemment la cause de RPT.



• Selon les études en abattoir, 12 à 20 % des bovins seraient porteurs de CE et 3,4 à 10 % présenteraient des lésions de RPT. La présence de ces corps étrangers serait responsable d’un tiers des saisies des carcasses et entraînerait un coût économique évalué à 13,6 millions d’Euros. Le nombre de bovins abattus et dont la carcasse a été saisie de manière partielle ou totale pour des lésions potentiellement liées à la migration de CE est estimé à environ 30 000 par an (sur environ 4.600.000 bovins abattus par an).



• Sur la base d’enquête auprès des éleveurs, 9,7 % (laitier) et 7,6 % (allaitant) des causes de mortalité seraient imputables à un CE. Par comparaison, les accidents de vêlage seraient responsables respectivement de 12,4 et 28 % des mortalités. 



Prévention 

•La première des choses à faire est d’éviter l’ingestion de CE par les bovins par différentes actions : 

-Vigilance lors de la confection et l’entretien des clôtures afin de ne laisser sur le sol aucun crampillon ni résidu de fil de fer. 

-Équiper le matériel de distribution des fourrages (ou de récolte si en vrac) d’électroaimants. 



•La deuxième chose est l’administration d’aimants (0,60 €) aux génisses lors du lâcher en deuxième année de pâture (12/18 mois  environ). Un suivi de 500 000 bovins sur une période de 20 ans au Québec a mis en évidence une longévité supérieure de 9 mois pour les bovins ayant reçu un aimant ! 



En conclusion :

Il faut faire la chasse aux fils de fer dans les fourrages et administrer un aimant à chaque vache une fois dans sa vie. Le protocole le plus simple est d’administrer un aimant à toutes les génisses lors de leur deuxième mise à l’herbe.


Références

https://www.anses.fr/en/system/files/SABA2020SA0009Ra.pdf?fbclid=IwAR0YIh5f-A_-sp0PGMF2yJIt7QIsiSaDA0G-rGewyfdkbV8knkqjk2hxyGo



https://www.facebook.com/Theriogenologie/?ref=page_internal



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Canicule

  🌡️ Canicule en élevage laitier: comment protéger les vaches et limiter la chute de production Les épisodes de canicule deviennent de plus...